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C'est la langue originale dans laquelle Boubacar a écrit son histoire.

Avant la découverte du premier cas dans mon pays je suivais distraitement les nouvelles concernant l'évolution mondiale de la pandémie. Je me disais qu'étant dans un pays reculé comme le Niger nous pourrions être à l'abris. Bien que compatissant au sort des autres je priais pour que mon pays ne soit pas touché.

Je programmais mes semaines à venir avec plein d'enthousiasme et je remplissais mon calendrier d'activités, ce sont surtout des activités liées à notre association de jeunes filles en médecine. Nous avions programmé une sortie pour des enfants trisomiques tout était réglé, puis une semaine avant la sortie il a été formellement interdit des rassemblements de plus de 50 personnes, les lieux publics notamment le musée national qui était notre lieu choisi pour la sortie a été fermé.

Mes habitudes étaient de sortir de la maison tôt et rentrer vers 20h à toujours courir entre des activités comme des réunions, des formations, séminaires... je ne m'ennuyais jamais, j'avais toujours a faire, c'était épuisant mais je me sentais utile à ma communauté. Les jours où je ne sortais pas étaient rares parce que si je ne suis pas à une activité je suis à l'hôpital pour ma collecte sur les amputations de membres (c'est des cas rares j'en ai eu 3 avant la pandémie), en attente de mon année de thèse et vu que j'ai choisi une étude prospective je peux commencer dès maintenant sans être en année de thèse (je suis en 6e année et il faut attendre la 8e année pour réaliser la thèse et soutenir pour les études rétrospective mais pour les prospectives on peut commencer dès la 5e année).

Après le premier cas un autre cas a été diagnostiqué post-mortem et les étudiants stagiaires ont tous été renvoyés chez eux. Ceux qui ont été en contact avec le malade placés en quarantaine. L'accès à hôpital restreint aux patients et au personnel de l'hôpital, cela fait que je ne peux plus continuer ma collecte pour ma thèse, je ne pouvais plus participer à mes réunions que par whatsapp.

Du coup comme je ne peux pas sortir je fais ma sensibilisation sur le virus à travers mes comptes sur les réseaux sociaux surtout mon compte facebook car la population ne crois pas pour certains à l'existence du virus et ce malgré les cas confirmés 943, 775 guérisons et les 61 décès, d'autres ne comprennent pas la situation et surtout beaucoup réfutent les mesures prisent pas les autorités comme la fermeture des mosquées alors que les marchés et tous les établissements sont ouverts et cela crée des émeutes à l'intérieur du pays comme dans la capitale, les prières collectives sont dispersées à coup de lacrymogènes. Seuls étaient fermés les lieux de cultes et mes écoles.

Certains jeunes distribuent des kits pour le lavage des mains en se cotisant entre eux, d'autres sensibilisent les foyers démunis qui n'ont pas accès aux réseaux sociaux et à l'information en faisant du porte à porte. Chacun essaie d'aider selon ses moyens. Les avis et les méthodes divergent mais je crois qu'au fond notre intérêt commun est le bien être de tous.


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